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Un galérien pour ceux qui galèrent

Aider l'association France Parkinson grâce au cyclisme et au mont Ventoux

Ventoux - Parkinson, sportivement parlant

Publié le 11 Août 2016 par Laurent

France ParkinsonDernier article sur cet événement important à mes yeux à plus d'un titre. Tout d'abord, je faisais ça pour attirer l'attention sur l'association France Parkinson. Enfin, sur le plan sportif il s'agit d'un effort conséquent qui dépasse largement ce que j'ai l'habitude de faire.

Le premier chiffre qui me frappe, c'est 12h50 sur le vélo pour 17h51 entre le départ et l'arrivée (et oui y'a le repas ;) et les arrêts récupération).

C'est la sortie la plus longue que j'ai jamais réalisé mais je n'ai pas vu passé le temps. L'alternance nuit puis jour a fait que l'organisme s'est adapté et a repris son rythme malgré le manque de sommeil.

Le deuxième chiffre est 6000m de dénivelé. Là encore je n'avais jamais réalisé ça. Pour moi, c'est un dénivelé d'extraterrestre mais c'est avec un mental de fou que j'ai pu le faire !

Sur ces 6000m, ma vitesse moyenne a été de 8.2km/h. Je suis assez surpris car les deux dernières montées ont été laborieuses mais les chiffres sont là. Je suis assez satisfait même si le sportif que je suis demande encore plus de vitesse, plus de distance, plus de dénivelé,...

La vitesse moyenne sur l'ensemble du parcours est tout de même assez basse : 13.9km/h. Heureusement que les descentes de jour ont été assez rapides pour relever la moyenne.

Le chiffre qui me surprend le plus se situe au niveau de la cadence de pédalage. J'arrive à un 50tpm de moyenne. Une belle performance pour moi.

Pour moi, de belles performances sportives sur un terrain qui ne fait que monter et descendre et une durée assez longue.

J'en retire de gros enseignements sur l'hydratation, l'alimentation mais aussi mes limites sur un vélo.

Une belle expérience pour une belle cause !

Le parcours avec Strava

Le parcours avec Garmin Connect

 
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Ventoux - Parkinson, acte 4

Publié le 8 Août 2016 par Laurent

France ParkinsonLe jour s'est levé et la descente s'effectue à bon rythme. Mon guide connaît bien la route et les virages s'enchaînent facilement. Je prends énormément de plaisir à enchaîner les virages, les freinages. Pas de relance pour moi en sortie de virage lorsque la vitesse a beaucoup réduit. Je pense à récupérer pour la suite car à ce moment j'envisage la réalisation d'une quatrième montée.

Au fur et à mesure de la descente deux choses me frappent. La chaleur devient de plus en plus présente et le nombre de cyclistes qui montent augmente au fur et à mesure de ma descente.

Finalement, j'arrive à Bédoin avec 30 minutes d'avance sur l'horaire prévu. Je prends la direction de l’hôtel, range de vélo et retour à la chambre pour prendre une douche, me changer et surtout manger un bon petit-déjeuner. Aux dires de ma femme, j'ai vraiment une sale tête en arrivant. Après la douche ça va un peu mieux...

Au petit-déjeuner, je pensais réellement manger comme un ogre. Ce ne fut pas le cas. J'ai bien mangé mais pas autant que ce que j'avais imaginé. Oeuf, lait, céréales, viennoiseries, thé, jus d'orange et pain beurré. Il ne m'a manqué que du jambon ou du bacon qui m'attendaient mais l'envie n'était pas là. Peut-être la masse d'efforts consentis ?

Nous rangeons les affaires dans la voiture afin de pouvoir libérer la chambre à l'heure puis nous nous équipons ma femme et moi. La chaleur commence à être très présente et nous partons en direction du sommet un peu avant 10h. Je vois les autres cyclistes fringuant et moi je suis à l'agonie dès les premières pentes. Je me mets dans leur tête un instant et je pense qu'ils n'imaginent pas que je réussisse à me hisser au sommet.

Arriver à l'épingle à cheveux de Saint Estève n'est pas facile. Je vous laisse donc imaginer ce qu'il se passe dans ma tête. Je connais bien, très bien la suite...

Je prends un rythme, mon rythme et essaie d'oublier la fatigue, le manque de sommeil et les douleurs, les raideurs qui m'assaillent. Je m'aperçois que j'ai pas mal géré l'hydratation car je n'ai aucune sensation annonciatrice de crampe.

La montée n'est pas rapide, entre 6 et 7km/h mais elle est régulière et les jambes tournent d'une manière que je juge normale. Dans la montée, nous sommes dépassés d'abord par mes parents qui montent au chalet Reynard puis par ma belle famille. Ceux-ci ont l'habitude de la région et profitent des quelques espaces où il est possible de garer les véhicules pour s'arrêter et nous encourager et prendre quelques photos.

Ventoux Parkinson - la montée
Ventoux Parkinson - la montée
Ventoux Parkinson - la montée
Ventoux Parkinson - la montée

Ma femme trouve la montée difficile mais tient. C'est la première fois qu'elle tente l'ascension !

Nous souffrons énormément. La pente, la chaleur mais la volonté est toujours présente pour moi et ma femme est sur-motivée. Nous arrivons finalement au chalet Reynard où tout le monde nous attend.

Ventoux - France Parkinson
Ventoux - France Parkinson

Nous faisons un arrêt pour rencontrer tout le monde, récupérer un peu et prendre la pose devant les affiches France Parkinson.

Arrivée au Chalet Reynard à bout de forces
Arrivée au Chalet Reynard à bout de forces

Petit pause devant la banderole France Parkinson

Petit pause devant la banderole France Parkinson

Nous en profitons pour reprendre quelques forces avant d'aller à l'assaut du sommet. Un cycliste n'abandonne pas !!!!

Ravitaillement au Chalet Reynard - France Parkinson
Ravitaillement au Chalet Reynard - France Parkinson

Nous repartons en direction du sommet en essayant de faire bonne figure et surtout en ayant repris une bonne dose de motivation.

Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard - France Parkinson

Cette partie de la montée est normalement plus facile que ce que nous venons de faire mais les kilomètres commencent à peser dans les jambes. Nous craquons physiquement à tour de rôle mais le mental et l'envie d'aller au sommet sont là, bien présents.

Nous passons devant les photographes qui ont pris leurs quartiers d'été depuis un bon moment pour réaliser la photo souvenir de tous ceux qui ont monté le mont chauve. A chaque passage devant les photographes, je fais bonne figure et indique le chiffre 4 avec mes doigts. Il y a même un gars qui me sors un "taré" (admiratif) lorsque j'annonce ce chiffre. Je souris et continue mon ascension.

Ma femme est bien mieux que moi et je m'accorde une pause au dernier virage avant le sommet juste après le dernier photographe. Elle en profite pour passer devant moi et finalement j'arrive avec environ 5 minutes de retard sur elle mais l'important n'est pas là.

A l'arrivée, pris entre fatigue (épuisement ?), joie et fierté je lâche quelques larmes dans mes mitaines. J'embrasse ma femme. C'est une très belle performance pour elle aussi. Une première fois au sommet du Ventoux via Bédoin, ça compte énormément.

Au sommet du Ventoux - France Parkinson

Nous redescendons ensuite tranquillement au chalet Reynard pour manger. Une belle descente sans vent.

Nous prenons la pause devant la banderole France Parkinson pour marquer l'événement.

Ventoux - France Parkinson
Ventoux - France Parkinson

J'ai réalisé ces quatre montées pour montrer mon soutien à l'association France Parkinson, aux malades et ceux qui les aident au quotidien !

Le dépassement de soi, c'est tous les jours pour les malades !!!

Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard - France Parkinson

Et maintenant place au repas !

Chalet Reynard - France Parkinson - Le repas
Chalet Reynard - France Parkinson - Le repas
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Ventoux - Parkinson, acte 3

Publié le 7 Août 2016 par Laurent

France ParkinsonJ'entame donc la descente sur Sault plein d'angoisse et d'appréhension même si je sais que cela réduit mon potentiel énergétique. Je n'y peut rien !!!

Dans la première partie de la descente (jusqu'au chalet Reynard), la visibilité est bonne et il fait assez clair. Cela me permet d'atteindre une vitesse honorable même si je continue à me restreindre pour pouvoir m'arrêter à n'importe quel moment. Après le chalet, la descente se fait beaucoup plus douce et parfois même il faut pédaler. Au fur et à mesure de la descente je m'enfonce dans la forêt. L'obscurité se fait de plus en plus présente  autour de moi et m'oblige à réduire encore plus ma vitesse.

A un moment, les animaux (des biches je pense) me font une grosse frayeur. A mon passage, cela coure dans les bois à côté de moi, ils doivent être effrayés par le bruit du vent dans les rayons. Malgré mes cris, les bruits se dirigent vers la route un peu devant moi. Je redouble de cris et enfin les bruits s'éloignent de la route. Ouf, j'ai bien cru qu'ils allaient me boucher l'unique porte que sortie que j'ai dans un tel endroit : la descente.

Je finis ma descente tranquillement malgré le froid qui me saisit lorsque je sors de la forêt. Il fait encore bien nuit et une légère baisse des températures annonce une aube naissante.

Ceux qui sont déjà passés par là connaissent la petite montée à l'arrivée sur Sault. Et bien elle passe facilement alors que j'ai le souvenir d'un grosse peine en 2013. Mon arrivée, Sault me laisse l'impression d'un village mort. Des bruits bizarres mais pas un mouvement, pas âme qui vive. Il faut dire qu'il est tôt.

Je m'installe sur un banc au milieu de la place pour me reposer un peu, manger, changer les piles de la lampe frontale. Le temps de faire tout ça me prend environ 10 minutes mais je resterai finalement 10 minutes de plus pour me reposer un peu. Je m'en veux car ce sont des minutes précieuses mais le repos l'est aussi. Je n'ai pas encore l'habitude de gérer de tels sorties et dans la tête il s'agit de "brider" un cerveau qui voudrait aller plus vite, plus loin car le corps demande du repos. Je n'avais encore jamais connu un tel sentiment. Je pense que là encore j'ai dépensé un peu d'énergie à maîtriser mes sentiments.

J'entame donc la montée avec peu d'énergie et une grosse fatigue. La nuit a été longue mais le mental est là. Au fur et à mesure de la montée je vois le jour se lever et sens la température descendre puis augmenter avec l'arrivée du soleil. Je suis extrêmement fatigué au point de devoir faire un arrêt avant le chalet Reynard.

Montée depuis Sault

J'en profite pour enlever la Gore Tex et manger un peu. A ce moment je m'aperçois que j'ai de l'eau au fond de l'estomac. Je connais cette sensation où il est impossible de boire, manger malgré la déshydratation. Pour faire passer ça je me force à avaler un gel énergétique de manière à changer le niveau d'acidité de l'eau dans l'estomac et manger un bout d'une barre de céréale.  Cela va mettre du temps à passer mais normalement ça devrait me permettre de faire passer cette mauvaise sensation.

J'arrive à me hisser au niveau du chalet Reynard. Je n'ai encore jamais trouvé cette montée aussi difficile et c'est à ce moment que je réalise qu'il me sera impossible de faire 6 montées. Pas grave, je continue au moral et la cause que je défends en vaut la peine. Après une petite pause, je m'arrache (c'est bien le terme) pendant environ 1 heure pour faire les derniers 6 kilomètres.

Avant d'arriver en haut, je suis doublé par un cycliste équipé entièrement Etixx-Quick Step. Le gars roule environ à 20km/h à cet endroit et facilement en plus. Nous échangeons quelques mots en français et en anglais puis il me dépose. Je ne sait pas qui était ce cycliste mais pour monter à cette vitesse en étant parti de Bédoin, il y a du niveau...

Sommet Ventoux
Sommet Ventoux

Au sommet je m'habille car il ne fait pas si chaud que ça et avec le vent relatif, ça va faire frais ;) !

Je pars juste derrière un autre cycliste qui sur la photo ci-dessous se prépare aussi à la descente. Il m'annonce une expérience de 40 montées du mont chauve. Je décide de le laisser passer devant et regarder à distance ses trajectoires et m'en inspirer.

Sommet Ventoux

Grace à lui je réalise une bonne descente et j'arrive à Bédoin avec 1/2 heure d'avance sur l'horaire prévu. Par contre le niveau de fatigue est grand et le manque de sommeil se fait sentir.

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Ventoux - Parkinson, acte 2

Publié le 4 Août 2016 par Laurent

France ParkinsonUne fois au sommet, je prends le temps de regarder le paysage. Je le connais par cœur. Il est logé dans ma mémoire depuis ma première montée, gravé à jamais mais à cet instant il fait nuit, les lumières dans la plaine sont magnifiques mais je ne suis pas rassuré. "L'attaque" du renard m'a fait prendre conscience qu'à cette heure et sur ce mont je suis fragile et faible. Il va falloir apprendre à être dur et vite !

Une fois habillé pour la descente, je mange un petit bout et repars. C'est seulement à l'arrivée que je m'apercevrai que le compteur avait été déconnecté de la ceinture cardio et du capteur de fréquence de pédalage. Pas important !

Juste après mon départ, je m'aperçois que sur les parking en haut du mont Ventoux, des camping car sont garés. Des gens passent la nuit à cette altitude. Incroyable mais le spectacle du matin doit être fabuleux.

Je me méfie beaucoup dans la descente. Je dois pouvoir maîtriser ma vitesse et m'arrêter à n'importe quel moment. Je sais que dans le massif, il y a des cerfs, des biches,... Si je venais à percuter du gibier je serais dans le pétrin. Malgré les couches de vêtements, le tour de cou, le sous-casque, la sueur toujours présente et le vent relatif me refroidissent vite.

Lorsque j'arrive au niveau de la forêt, je ne suis très rassuré. Combien d'animaux sont présents et combien vont traverser la route ou même m'attaquer parce que je les dérange ???

La prudence paie. J'arrive à Malaucène transi de froid mais entier et sans mauvaise rencontre. Je suis pourtant certain qu'il y avait plein d'animaux sur le bord de la route. Peut-être que la vitesse liée à la descente et le bruit du vent dans les roues les a un peu effrayé ?

Je mange tranquillement et fait le plein des bidons. Malaucène me présente un tout autre visage qu'en journée. J'ai parfois même l'impression que le village est mort.

Après m'être préparé pour une nouvelle montée je passe vers une poubelle pour y mettre mes déchets et entame une nouvelle montée. Je sors du village et juste avant de Grozeau, j'entends derrière moi dans le bas-côté et les fourrés le galop de plusieurs cerfs, fans ou biches (je ne sais pas trop). Une chose est certaine c'est qu'ils me chargent. Je gueule, crie rageusement et l'espace d'un instant je doute être en mesure de les faire fuir mais finalement j'y arrive. Je retiendrai ce moment comme la plus grosse peur du périple. Un groupe de cerfs apeurés peut être très dangereux...

Juste après le Grozeau, ma veste Gore Tex tombe derrière moi. Je l'avais mal attachée à la sacoche de selle. Ouf elle ne s'est pas prise dans la roue arrière. Je fais très attention pour la ramasser et je me sens observé. Réalité ou imagination après ce qu'il vient de se passer ???

Je replace la veste et l'attache bien cette fois-ci et repars. J'allume la lampe frontale ce qui me permet d'avoir un rayon lumineux dirigeable. Lorsque je tourne la tête à gauche ou à droite, il m'arrive de voir des yeux illuminer les taillis en haut de la route. Afin de ne pas connaître la même mésaventure qu'un peu plus tôt dans la montée de Bédoin, je décide de rouler au milieu de la route. Cela laisse pas mal de place de chaque côté et si un animal doit venir me taquiner il sera obligé de se découvrir...

Je savais que la montée de Malaucène était difficile. Je ne dirai pas je l'ai trouvée facile mais moins difficile que lorsque j'ai réalisé les cinglés du Ventoux en 2013. Le rond point du mon Serein n'est plus allumé (il l'était lors de la descente). Dommage, j'aurais bien contrôlé le vélo, les bagages,... Oh pas parce que j'avais un doute mais juste parce que je suis perfectionniste et n'aime pas les mauvaises surprises au mauvais moment !

Dans la ligne droite qui suit l'épingle à cheveux au dessus du mont Serein, j'entends le cri d'un animal qui me charge (je pense que c'était un cri de renard mais  je ne suis pas spécialiste). Je hurle et bouge sur le vélo et met encore une fois en fuite mon assaillant. Encore une belle peur...

Continuellement sur les gardes, j’atteins le sommet fatigué mais content de ma performance. Si je compare à 2013, je passe bien mieux la montée de Malaucène.

Je profite de cet arrêt au sommet pour manger la moitié d'un sandwich, boire et m'habiller pour descendre sur Sault. Pour cette descente, je ne garderai pas les mitaines et je passe aux gants longs mi-saison.

J'appréhende la descente sur Sault. Le gibier est omniprésent dans cette zone du mont chauve. Il va falloir maîtriser la vitesse...

En raison de mon extrême tension et de la nuit environnante, je n'ai pris aucune photo. J'ai vécu intensément le moment et seuls les souvenirs restent...

 
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Ventoux - Parkinson, acte 1

Publié le 4 Août 2016 par Laurent

France ParkinsonCe lundi 1 août 2016, je me retrouve à Bédoin en soirée pour préparer mon départ du kilomètre 0 à 22h00. Pour cette première partie de parcours je porterai la tenue de mon ancien club, le Vélo Club Canéjan. L'idée est née là bas mais elle se concrétise ailleurs. Un grand merci à tout le VCC pour ce qu'il m'a apporté et j'espère porter haut les couleurs de mon ancien club qui a une place particulière dans mon cœur.

L'objectif est d'essayer d'attirer l'attention sur l'association France Parkinson à l'aide d'un événement sportif : 6 montées (si possible) du mont Ventoux en 24 heures.

Le départ s'effectue au kilomètre 0. Je suis seul avec ma femme et je ne suis pas surpris. Combien de fous iraient gravir le mont Ventoux en pleine nuit ?

Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0

A ce moment précis je ne sais pas ce à que je vais trouver devant moi. Une chose est certaine, je vais vivre quelque chose d'exceptionnel mais quoi ?

Jusqu'à Saint Estève, je suis dans le monde "urbain". Il y a des lumières tout autour de moi, le bruit des villages résonne dans la nuit et la présence de l'homme est indiscutable.

Après le virage, j'ai l'impression d'entrer dans un trou noir. Plus aucune lumière, les bruits du monde sont assourdis par les arbres et la pente commence à se faire très présente. Je connais cette route. Je l'ai empruntée 15 jours auparavant juste avant que le tour de France n'y passe mais là je ne reconnais pas grand chose. Très vite le silence se fait autour de moi et les bruits de la civilisation disparaissent complètement. Juste le bruit de ma transmission, le vent dans les feuilles et des chutes de pierre au milieu de la forêt.

Le vent...

Oh, ça aurait pu être pire, je le sais bien. Environ 30km/h en diminution constante depuis que le soleil s'est couché. Mais un vent qui à ce moment précis m'arrive en pleine figure. Ce n'est pas qu'il fasse froid mais quand on connaît la difficulté liée à la pente pendant les quelques kilomètres qui suivent l'épingle à cheveux de Saint Estève on réalise l'effort nécessaire pour se hisser vers le haut. Je me dis alors que ça va pas être du gâteau mais que je suis déjà arrivé en haut dans de pires conditions. Je baisse la tête et avance.

Pendant cette montée, la civilisation se rappelle à moi à 6 reprises. 3 voitures sont montées puis sont redescendues.

La forêt se fait de plus en plus massive mais je n'y prête pas trop attention. Les bruits de cailloux, le vent dans les arbres me rappellent des marches de nuit effectuées il y a bien longtemps. La montée de Bédoin a ça de bien qu'on voit facilement quand on arrive vers le sommet. La forêt laisse place à un désert de cailloux blancs. Au moment où je passe cette frontière, je m'aperçois que le vent a diminué même s'il est toujours présent (environ 20km/h au jugé).

A partir de 23h45 plus personne. Je suis seul sur terre...

Seul n'est pas le mot juste. Un peu avant que la dernière voiture ne me double, je suis "attaqué" par un renard qui saute en ma direction depuis ma droite. Un écart sur la gauche et un gros hurlement de rage de ma part et l'attaquant est mis en fuite. Je pense que je lui ai fait peur en arrivant avec un véhicule sans moteur, qu'il ne m'avait pas vu malgré mes lumières et qu'il a simplement répondu. En plus la voiture qui m'a dépassé peu de temps après a dû terminer de le mettre fuite. A ce moment précis je prends conscience du lieu où je me trouve : la nature. Je me remémore les récits des cyclistes qui font de la longue distance avec les attaques de chiens, le gibier qui traverse en pleine descente,...

Je me mets donc dans une sorte de mode "survie" et essaie malgré tout d'apprécier le paysage. La vue sur l'observatoire qui se confond aux étoiles du ciel, la vue sur la plaine avec ses lumières... Magnifique !

J'arrive en haut en entier et c'est une première victoire pour moi. Je m'équipe pour la descente (Gore Tex, jambières, tour de cou,...) et mange un bout, bois bien, apprécie un peu le moment où j'ai le sommet pour moi seul. Je suis le premier cycliste du jour en haut du mont Ventoux !!!!!!!!!

Il reste encore de la route pour atteindre l'objectif...

 

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